Aller au contenu
Nous rejoindre
Une personne signe un contrat sur un bureau, vue de dessus

Reconversion courtier en assurance : le parcours quand on change de métier

Vous venez d'un autre métier, d'une banque ou d'une compagnie, et le courtage vous attire. Voici la voie de formation qui vous correspond, ce qui peut la financer, et l'ordre des démarches jusqu'à votre inscription à l'Orias.

Par Sandrine Pouillier, 12 ans de courtage · mis à jour le

L'essentiel

  • Sans diplôme du secteur, la reconversion passe par un stage professionnel d'au moins 150 heures, prévu à l'article R512-9 du code des assurances et validé par un livret de niveau 1.
  • Le CPF ne finance que les formations qui mènent à une certification au statut « active » chez France compétences ; la participation du titulaire est de 150 € depuis le 1er avril 2026, sauf pour les demandeurs d'emploi.
  • Un salarié en CDI qui démissionne pour se reconvertir peut toucher l'allocation chômage s'il justifie de 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois et sollicite un conseil en évolution professionnelle avant de démissionner, puis fait attester son projet par Transitions Pro.
  • Depuis le 1er janvier 2026, l'Acre se demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité ; l'Arce verse 60 % des droits au chômage restants, en deux fois.
  • Une fois le dossier complet, l'Orias dispose de deux mois pour se prononcer ; l'adhésion à une association professionnelle agréée est obligatoire depuis le 1er avril 2022.

Une reconversion courtier en assurance est possible sans diplôme du secteur : le code des assurances permet de justifier la capacité professionnelle par un stage d'au moins 150 heures. Devenir courtier en assurance sans diplôme passe donc par cette formation, puis par la création de votre société, l'adhésion à une association agréée et l'inscription à l'Orias. Comptez plusieurs mois entre la décision et le premier client, et préparez le financement avant de quitter votre poste.

Ce guide suit la personne qui change de métier. Pour la vue d'ensemble des conditions d'exercice, lisez d'abord notre guide sur les étapes pour devenir courtier en assurance.

La reconversion vers le courtage, pour quels profils ?

Le courtage s'ouvre à trois profils de reconversion, qui n'ont pas le même point de départ. Le salarié d'un autre secteur part de zéro sur la technique mais apporte souvent un sens commercial et un réseau. Le demandeur d'emploi dispose de temps pour se former et peut mobiliser les aides de France Travail. L'ancien de banque ou de compagnie connaît déjà les contrats et peut parfois faire valoir son expérience à la place du stage.

Dans les trois cas, le changement est le même : vous devenez chef d'entreprise. Un courtier est payé par les commissions sur les contrats qu'il place. Il n'a ni salaire fixe ni portefeuille au premier jour. Votre projet doit prévoir de quoi vivre pendant la montée en charge, et c'est la première question à régler avec un expert-comptable.

Peut-on devenir courtier en assurance sans diplôme ?

Oui : le stage professionnel d'au moins 150 heures suffit à justifier la capacité de niveau 1, sans diplôme ni expérience préalable. L'article R512-9 du code des assurances prévoit quatre façons de la prouver : ce stage, deux ans d'expérience comme cadre, quatre ans comme non-cadre, ou un diplôme figurant sur une liste réglementaire.

Pour un ancien de banque ou de compagnie, l'expérience ne compte que si elle porte sur la production ou la gestion de contrats d'assurance ou de capitalisation. Un poste de conseiller bancaire généraliste ne remplit pas toujours ce critère. Si votre attestation d'employeur risque d'être jugée trop vague, le stage reste la voie la plus sûre.

Le détail de chaque voie, des pièces à fournir et des cas limites figure dans notre guide sur la capacité professionnelle du courtier (IAS niveau 1). Retenez ici l'essentiel : en reconversion sans passé dans l'assurance, c'est le stage.

Comment choisir une formation IAS niveau 1 en ligne ?

Une bonne formation IAS niveau 1 en ligne délivre, à la fin, un livret de stage de niveau 1 accompagné des résultats d'un contrôle des compétences. C'est cette pièce que l'Orias examine. Le programme minimal est élaboré par la profession et validé par arrêté ministériel : juridique, technique, commercial et administratif.

Beaucoup d'organismes proposent ce stage à distance, à votre rythme, ce qui permet de le suivre en gardant un emploi. Le nombre d'heures, lui, reste d'au moins 150. Avant de signer, vérifiez trois points :

  • le livret porte bien la mention du niveau 1, et non du niveau 2 ou 3 ;
  • l'organisme est certifié Qualiopi si vous comptez sur un financement public ou mutualisé, condition exigée depuis le 1er janvier 2022 ;
  • si la formation est vendue « éligible CPF », le numéro de la certification visée est affiché et son statut est actif sur le site de France compétences.

Comment financer sa formation de courtier ?

Le financement dépend de votre situation : CPF pour tous, aide de France Travail si vous êtes demandeur d'emploi, projet de transition professionnelle si vous êtes salarié. Commencez par un rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP). Ce service est gratuit et ouvert aux salariés, aux indépendants comme aux demandeurs d'emploi. Il vous aide à identifier les financements mobilisables.

Le CPF : vérifiez la certification avant de payer

Depuis le 16 février 2025, seules les formations qui mènent à une certification inscrite au RNCP ou au répertoire spécifique, au statut « active » sur le site de France compétences, sont éligibles au CPF. La fiche historique RS 5747, « Capacité professionnelle des intermédiaires en assurance », apparaît aujourd'hui comme inactive. Une offre IAS présentée comme finançable par le CPF doit donc indiquer une autre certification active. Contrôlez-la vous-même.

Si vous utilisez votre CPF, une participation obligatoire de 150 € reste à votre charge depuis le 1er avril 2026. Les demandeurs d'emploi en sont exonérés.

Les autres dispositifs

DispositifPour quiCe qu'il apportePoint de vigilance
Aide individuelle à la formation (AIF)Demandeur d'emploi inscrit à France Travail, indemnisé ou nonPrise en charge de tout ou partie du coût de la formationÀ construire avec votre conseiller, quand les autres financements ne couvrent pas la formation
Projet de transition professionnelleSalarié justifiant de 24 mois d'ancienneté, dont 12 dans l'entrepriseCongé spécifique pendant la formation, rémunération maintenue sous conditions, frais pédagogiques pris en chargeDossier instruit par Transitions Pro ; formation certifiante exigée
Démission pour reconversionSalarié en CDI avec 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers moisAccès à l'allocation chômage après une démissionCEP sollicité avant la démission, projet jugé réel et sérieux par Transitions Pro
CPFToute personne ayant des droits acquisPaiement de la formation sur vos droitsCertification active obligatoire, participation de 150 € hors demandeurs d'emploi

La démission-reconversion couvre aussi la création d'entreprise. Le projet peut porter sur une formation ou sur la création d'une entreprise. Transitions Pro vérifie sa cohérence, puis France Travail contrôle, dans les 6 mois suivant l'ouverture de vos droits, que vous avez bien engagé les démarches annoncées.

Quelles aides pour créer sa société de courtage ?

Trois dispositifs aident le créateur : l'Acre allège les cotisations sociales au démarrage, et le demandeur d'emploi choisit entre le maintien partiel de son allocation et l'Arce. L'ARE et l'Arce ne se cumulent pas.

  • L'Acre exonère en partie de cotisations sociales en début d'activité. Depuis le 1er janvier 2026, elle n'est plus automatique : la demande se fait auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité, y compris pour les gérants de société assimilés salariés. Vous ne devez pas en avoir bénéficié au cours des 3 années précédentes.
  • Le maintien de l'ARE permet de garder une partie de votre allocation pendant le lancement. Depuis le 1er avril 2025, ce cumul est plafonné à 60 % du capital de droits restant à la date de création.
  • L'Arce verse 60 % de vos droits restants sous forme de capital, en deux versements égaux espacés de six mois, avec une retenue de 3 % au titre des retraites complémentaires.

Le bon choix dépend de votre trésorerie et du rythme auquel vous signerez vos premiers contrats. Faites la simulation avec France Travail et votre expert-comptable avant de vous immatriculer. La forme de la société pèse aussi sur vos cotisations : notre guide pour choisir le statut juridique de votre activité de courtage détaille les options.

Dans quel ordre enchaîner formation, société, association et Orias ?

L'ordre qui fait gagner du temps : formation, société, association agréée, Orias, puis codes compagnies. Plusieurs étapes peuvent se préparer en parallèle, mais aucun dossier ne peut sauter la précédente.

  1. Projet et financement. Rendez-vous CEP, montage du financement, et démission seulement si le dispositif est validé.
  2. Capacité professionnelle. Stage de 150 heures jusqu'au livret de niveau 1. Pendant ce temps, préparez les statuts et demandez vos devis de responsabilité civile professionnelle.
  3. Société. Immatriculation au registre du commerce avec une activité qui vise le courtage d'assurance. Demandez l'Acre dans les 60 jours.
  4. Association agréée. Adhésion obligatoire avant l'inscription. Notre guide pour choisir son association professionnelle agréée explique comment comparer.
  5. Orias. Dépôt du dossier COA. Le pas-à-pas figure dans notre guide sur l'inscription à l'Orias du courtier.
  6. Codes compagnies. Une fois immatriculé, vous demandez l'ouverture de vos codes auprès des assureurs.

Tant que vous n'êtes pas inscrit à l'Orias, vous ne présentez ni ne proposez aucun contrat. Rien ne vous empêche en revanche de préparer votre fichier de prospects.

Combien de temps prévoir entre la décision et le premier client ?

En ordre de grandeur, une reconversion bien préparée demande plusieurs mois, et c'est souvent l'Orias et l'ouverture des codes qui fixent le calendrier. Seul le délai de l'Orias est fixé par un texte. Les autres durées varient selon votre rythme et vos interlocuteurs.

ÉtapeDurée indicativeCe qui la fait varier
Montage du financementQuelques semainesDélais d'instruction de Transitions Pro ou de France Travail
Stage de 150 heuresEnviron un mois à temps plein, plusieurs mois en parallèle d'un emploiVotre disponibilité
Création de la sociétéQuelques semainesRédaction des statuts, dépôt du capital, immatriculation
Adhésion à l'associationVariablePièces demandées par l'association
Inscription OriasJusqu'à deux mois après un dossier completPièces refusées, qui repoussent le point de départ
Codes compagniesVariableVotre projet, votre expérience, le cadre dans lequel vous exercez

Quels pièges éviter quand on se reconvertit ?

La plupart des reconversions ratées tiennent à un mauvais ordre des démarches, pas à un manque de compétence. Les erreurs qui reviennent le plus :

  • démissionner avant d'avoir sollicité un CEP, ce qui ferme la porte à l'allocation chômage ;
  • payer une formation « éligible CPF » sans vérifier que la certification est active ;
  • recevoir un livret qui ne porte pas la mention du niveau 1 ;
  • laisser passer les 60 jours pour demander l'Acre ;
  • obtenir un extrait Kbis qui ne mentionne pas l'activité de courtier en assurance, alors que l'Orias l'exige pour l'inscription COA ;
  • sous-estimer le temps avant les premières commissions et démarrer sans trésorerie.

Ce qu'Antemys apporte à un courtier en reconversion

Antemys accompagne les courtiers qui s'installent. Le réseau a été créé en 2021 par sept courtiers fondateurs et se consacre à la protection sociale : prévoyance, complémentaire santé, épargne et retraite. Group Antemys Courtage est lui-même inscrit à l'Orias (n° 22001488, catégorie COA) et adhère à l'association VOTRASSO.

Concrètement, un courtier qui nous rejoint bénéficie d'une aide à la création d'entreprise, d'une mise en relation avec des experts-comptables et des avocats, et d'une aide à la mise en conformité. Une fois immatriculé, il profite de l'ouverture rapide de ses codes courtiers : le réseau travaille avec 16 compagnies et organismes partenaires, dont Swiss Life, Generali, Malakoff Humanis et April. S'y ajoutent les formations DDA, un CRM, des outils d'aide à la vente et un logiciel de conformité. Les commissions sont versées en direct, avec des sur-commissions, et les droits d'entrée restent faibles.

Le détail est présenté dans l'offre Antemys pour les courtiers. Si votre reconversion se précise, parlons de votre projet avant même la fin de votre formation.

Sources officielles